ube

Impossible de la manquer : avec sa couleur violette intense, l’ube s’affiche de plus en plus dans les lattes, glaces, pâtisseries et publications sur les réseaux sociaux.

Mais derrière cette tendance se cache un véritable aliment, consommé depuis longtemps notamment aux Philippines : l’igname violette, ou Dioscorea alata. Il ne s’agit ni de taro ni de patate douce violette.

Alors, qu’est-ce que l’ube exactement ? Est-il vraiment bon pour la santé ? Quels sont ses bienfaits, ses calories et ses éventuels dangers ? Faisons le point sur ce tubercule aussi spectaculaire qu’intrigant.

L’ube en bref

🟣 Qu’est-ce que c’est ? Une igname appartenant à l’espèce Dioscorea alata, dont certaines variétés présentent une chair violette.

🇵🇭 Où est-il populaire ? Cette igname occupe notamment une place importante dans la cuisine philippine.

🌱 Que contient-elle ? Principalement des glucides, mais aussi des fibres et différents composés végétaux, dont des anthocyanes dans les variétés violettes.

⚖️ Combien de calories ? Environ 97 kcal pour 100 g cru, selon la Philippine Food Composition Table.

🍠 Est-ce du taro ? Non. Il s’agit de deux plantes différentes.

Est-ce un superaliment ? Son profil nutritionnel présente certains intérêts, mais les données scientifiques disponibles ne permettent pas d’en faire un aliment miracle.

Qu’est-ce que l’ube ?

L’ube, également appelé igname violette ou purple yam en anglais, désigne couramment Dioscorea alata, une plante de la famille des Dioscoreaceae.

Ce tubercule est particulièrement connu dans la cuisine philippine. Il peut être consommé cuit et entre également dans la préparation de nombreuses spécialités sucrées.

Parmi les plus célèbres figure l’ube halaya, une préparation traditionnellement réalisée à partir d’igname violette cuite et écrasée. On retrouve également cet ingrédient dans des glaces, gâteaux et différentes boissons.

Sa couleur spectaculaire contribue largement à son succès actuel sur les réseaux sociaux et dans les coffee shops.

Mais cette teinte n’est pas nécessairement le résultat d’un colorant : certaines variétés présentent naturellement une chair violette.

Pourquoi cette igname est-elle violette ?

Cette couleur caractéristique provient notamment de pigments naturels appelés anthocyanes.

Ces composés appartiennent à la famille des polyphénols et sont responsables de nombreuses teintes rouges, bleues ou violettes présentes dans le monde végétal.

Des travaux scientifiques menés sur Dioscorea alata ont identifié différentes anthocyanes dans les tubercules violets. Ces composés présentent notamment une activité antioxydante lorsqu’ils sont étudiés expérimentalement.

Il faut néanmoins éviter un raccourci fréquent.

Une activité antioxydante observée en laboratoire ne signifie pas que la consommation de cet aliment permet de prévenir ou de traiter une maladie chez l’être humain.

Certaines recherches sur les composés de l’igname violette ont notamment été réalisées sur des cellules ou des modèles animaux. Elles ne constituent donc pas une démonstration d’un bénéfice thérapeutique chez l’humain.

Calories et valeurs nutritionnelles

L’igname violette est avant tout un féculent.

Selon la Philippine Food Composition Table du Food and Nutrition Research Institute, 100 g d’ube cru apportent approximativement :

Pour 100 g d’ube cruQuantité
Énergie97 kcal
Glucides22,2 g
Fibres3,4 g
Protéines1,7 g
Lipides0,2 g
Sucres0,4 g
Vitamine C6 mg

Ces valeurs peuvent varier selon la variété, la préparation et le produit consommé.

Il faut surtout distinguer le tubercule nature d’un produit aromatisé ou transformé. Une glace, un cheesecake ou un latte sucré n’a évidemment pas le même profil nutritionnel qu’une igname simplement cuite.

Quels sont ses principaux atouts nutritionnels ?

Les qualités nutritionnelles de Dioscorea alata sont intéressantes, mais elles ne justifient pas les nombreuses promesses spectaculaires que l’on peut parfois trouver sur Internet.

1. Une source de glucides et d’énergie

Avec environ 22,2 g de glucides pour 100 g cru, cette igname constitue principalement une source de glucides.

Elle appartient donc à la famille des aliments féculents, au même titre que la pomme de terre, la patate douce ou d’autres tubercules.

2. Un apport intéressant en fibres

Le tubercule cru apporte environ 3,4 g de fibres pour 100 g, selon la table de composition alimentaire philippine.

Les fibres alimentaires participent notamment au fonctionnement normal du transit intestinal. Elles peuvent également contribuer à la satiété dans le cadre d’une alimentation variée.

3. Des pigments naturels intéressants

Les variétés violettes contiennent des anthocyanes, responsables de leur couleur caractéristique.

Des recherches menées sur différentes variétés de Dioscorea alata ont mis en évidence des composés phénoliques et une activité antioxydante mesurée expérimentalement.

Cela constitue une caractéristique intéressante de cet aliment, mais ne suffit pas à lui attribuer des propriétés préventives ou curatives chez l’être humain.

4. Naturellement très peu de matières grasses

Sous sa forme naturelle, cette igname contient très peu de lipides : environ 0,2 g pour 100 g cru selon la table de composition citée précédemment.

Ce constat change évidemment lorsque le tubercule est incorporé à une préparation contenant du sucre, de la crème, du lait de coco ou d’autres ingrédients énergétiques.

Peut-on vraiment parler de « superaliment » ?

Le terme « superaliment » n’est pas une catégorie scientifique ou nutritionnelle précisément définie.

Cette igname possède certes plusieurs caractéristiques intéressantes : fibres, très faible teneur naturelle en matières grasses et présence de composés végétaux tels que les anthocyanes pour les variétés violettes.

Mais aucun aliment ne suffit à lui seul à garantir une bonne santé.

Il est donc plus raisonnable de considérer ce tubercule comme un aliment pouvant parfaitement trouver sa place dans une alimentation variée et équilibrée, plutôt que comme un produit aux vertus exceptionnelles.

L’ube fait-il maigrir ?

Non, aucun aliment ne provoque à lui seul une perte de poids.

La présence de fibres peut participer à la satiété, mais l’évolution du poids dépend de nombreux facteurs : alimentation globale, apports énergétiques, activité physique, sommeil, état de santé ou encore caractéristiques individuelles.

Il faut également distinguer le produit brut de ses déclinaisons gourmandes.

Une portion d’igname cuite et un latte contenant du sirop ou une pâtisserie riche en sucre peuvent présenter des apports énergétiques très différents.

L’expression « ube minceur » doit donc être considérée avec beaucoup de prudence.

Ube et diabète : peut-on en consommer ?

Cette igname étant un féculent, elle contient naturellement des glucides.

Il serait donc trompeur d’affirmer qu’elle « fait baisser le sucre dans le sang » ou qu’elle constitue un traitement naturel contre le diabète.

Chez une personne diabétique, plusieurs éléments doivent être pris en compte : quantité consommée, mode de préparation, composition du repas et situation médicale individuelle.

En cas de diabète ou de régime alimentaire spécifique, il est préférable de demander conseil à un médecin ou à un diététicien plutôt que de se fier aux promesses nutritionnelles diffusées sur les réseaux sociaux.

Ube, taro et patate douce violette : quelles différences ?

C’est l’une des confusions les plus fréquentes.

L’igname violette, le taro et la patate douce violette ne désignent pas le même aliment.

UbeTaroPatate douce
Nom scientifiqueDioscorea alataColocasia esculentaIpomoea batatas
TypeIgnameTaroPatate douce
CouleurCertaines variétés sont violettesVariableCertaines variétés sont violettes
Même plante ?

Le taro appartient donc à une espèce complètement différente. Même constat pour la patate douce.

Une chair violette ne suffit pas à identifier un ube.

Ube ou matcha : quelles différences ?

Le rapprochement entre ces deux produits vient principalement de leur succès dans les boissons colorées, les pâtisseries et sur les réseaux sociaux.

Nutritionnellement, ils sont pourtant très différents.

L’igname violette est un tubercule contenant principalement des glucides, tandis que le matcha correspond à du thé vert réduit en poudre.

Un ube latte et un matcha latte peuvent donc occuper la même place sur la carte d’un coffee shop, mais leurs ingrédients de base ne sont pas comparables.

Dans les deux cas, le profil nutritionnel de la boisson dépend également énormément des ingrédients ajoutés : lait, boisson végétale, sucre, sirop, crème…

Ube latte : une boisson forcément bonne pour la santé ?

Pas nécessairement.

Un latte peut contenir de l’igname ou de la poudre d’igname, du lait ou une boisson végétale, mais également du sucre, des sirops et différents arômes.

Une couleur violette spectaculaire ne constitue donc évidemment pas un indicateur de qualité nutritionnelle.

Avant d’acheter une préparation, il peut être utile de regarder :

  • la quantité de sucres ajoutés ;
  • la liste des ingrédients ;
  • la présence réelle d’igname violette ;
  • la taille de la portion.

Même raisonnement pour les glaces, cookies, cheesecakes et autres desserts.

Un produit « à l’ube » ne possède pas automatiquement les mêmes caractéristiques nutritionnelles que le tubercule nature.

Quel goût a l’igname violette ?

Elle possède généralement une saveur douce et légèrement sucrée.

Son goût varie cependant selon la variété et le mode de préparation.

Elle est particulièrement appréciée dans les desserts, où elle peut être associée au lait, au lait de coco ou au sucre.

Attention également à ne pas confondre le goût naturel du tubercule avec celui d’un arôme ajouté dans un produit industriel.

Comment la consommer ?

Cette igname peut être utilisée de différentes manières.

On la retrouve notamment :

  • fraîche ou surgelée ;
  • cuite ou bouillie ;
  • réduite en purée ;
  • sous forme de poudre ;
  • dans l’ube halaya ;
  • dans des boissons ;
  • dans des glaces et pâtisseries.

Pour profiter de ses caractéristiques nutritionnelles sans multiplier inutilement les calories et les sucres, les préparations les moins transformées sont généralement les plus intéressantes.

Fraîche, en poudre ou en pâte : regardez la composition

Tous les produits commercialisés sous le nom d’ube ne se valent pas.

Une poudre composée de 100 % d’igname violette n’est pas comparable à une préparation contenant principalement du sucre, des arômes ou des additifs.

Même chose pour les pâtes et préparations destinées aux desserts.

Le bon réflexe consiste donc à lire la liste des ingrédients plutôt qu’à se fier uniquement à la couleur du produit ou à son packaging.

Existe-t-il des dangers ou des contre-indications ?

Pour un produit commercialisé comme aliment, l’un des principaux points de vigilance consiste à bien identifier le tubercule et à respecter son mode de préparation.

Le genre Dioscorea comprend de nombreuses espèces qui ne doivent pas être considérées comme interchangeables.

Il est donc préférable d’acheter un produit alimentaire clairement identifié comme Dioscorea alata auprès d’un circuit fiable, plutôt que de consommer une igname sauvage simplement parce qu’elle lui ressemble.

Les produits transformés posent une autre question : celle de leur composition. Une préparation très sucrée reste un produit très sucré, même si elle contient un ingrédient bénéficiant d’une image « healthy ».

Enfin, en cas d’allergie, de maladie particulière ou de régime médical, il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé.

Alors, faut-il succomber à la tendance ?

Pourquoi pas.

Derrière sa spectaculaire couleur violette se trouve un véritable aliment consommé depuis longtemps, particulièrement présent dans la culture culinaire philippine.

Son profil nutritionnel est intéressant : il apporte notamment des glucides et des fibres, tandis que les variétés violettes contiennent des pigments naturels appelés anthocyanes.

Mais il faut conserver une distinction essentielle :

l’ube est un aliment, pas un médicament.

Les recherches portant sur certains de ses composés sont intéressantes, mais elles ne permettent pas d’affirmer que sa consommation fait maigrir, soigne le diabète ou prévient certaines maladies.

Et finalement, la question la plus importante est peut-être moins « est-ce bon pour la santé ? » que « sous quelle forme est-ce consommé ? »

Une igname violette cuite et un cheesecake à l’ube ne racontent clairement pas la même histoire nutritionnelle.

FAQ sur l’ube

Qu’est-ce que l’ube ?

Il s’agit d’une igname, couramment associée à l’espèce Dioscorea alata. Certaines variétés possèdent une chair naturellement violette.

L’ube est-il une patate douce ?

Non. Dioscorea alata et la patate douce (Ipomoea batatas) sont deux plantes différentes.

L’ube et le taro sont-ils identiques ?

Non. Le taro correspond à Colocasia esculenta. Malgré certaines ressemblances visuelles dans les préparations culinaires, ce sont deux plantes distinctes.

Combien de calories contient l’ube ?

La Philippine Food Composition Table indique environ 97 kcal pour 100 g cru. La valeur nutritionnelle d’une préparation dépend ensuite de sa recette et des ingrédients ajoutés.

Pourquoi est-il violet ?

Cette couleur provient notamment d’anthocyanes, des pigments végétaux naturels présents dans certaines variétés de Dioscorea alata.

L’ube est-il bon pour la santé ?

Il apporte notamment des glucides et des fibres et contient différents composés végétaux. Il peut parfaitement s’intégrer à une alimentation équilibrée, mais il ne doit pas être présenté comme un aliment capable de prévenir ou traiter des maladies.

L’ube fait-il maigrir ?

Aucune preuve solide ne permet d’affirmer que sa consommation provoque une perte de poids. Tout dépend de l’alimentation globale, des quantités consommées et de nombreux autres facteurs.

Où acheter de l’ube en France ?

Selon les disponibilités, on peut notamment en trouver dans certaines épiceries asiatiques ou spécialisées, sous forme fraîche, surgelée, en poudre ou transformée. Pour les préparations industrielles, mieux vaut vérifier la liste des ingrédients.

Article similaire